1:54 Contemporary Art African Art Fair

L’enthousiasme pour la création contemporaine africaine a aujourd’hui dépassé la tendance. Si aux prémices de l’engouement pour la création contemporaine africaine certains accusent un effet de mode, on témoigne aujourd’hui de la reconnaissance des artistes africains sur la scène internationale. 

Mis à l’honneur par de grandes institutions, musées et fondations, les artistes venant d’Afrique et de la diaspora profitent d’une visibilité grandissante. Ils entrent dans des collections prestigieuses comme celle de la Tate moderne, du MoMA et du centre Pompidou. Ainsi, soutenus par les musées, les artistes africains acquièrent une certaine légitimité. 

En parallèle, on assiste à l’émergence de galeries qui se consacrent uniquement à la promotion de l’art contemporain africain et de plus en plus de galeries exposent des artistes venant d’Afrique.

Les maisons de vente aux enchères prennent elles aussi part à cette dynamique. En 2017 Sotheby’s créé le département Modern & Contemporary African Art. La maison témoigne alors d’une part de marché grandissante et de records de vente bien au-delà des estimations. En 2020, Christie’s, choisit d’accueillir la foire d’art contemporain africain, 1:54, dans ses galeries avenue Matignon. 

Sur le continent africain un écosystème artistique se met en place. De nouvelles galeries et résidences d’artistes voient le jour. Des musées et des fondations sont inaugurés. Les artistes africains, ayant une renommée internationale, jouent également un rôle considérable dans le développement de la scène artistique locale. À l’initiative de centres artistiques, ils jouent le rôle de maître et/ou mécène pour les jeunes artistes vivant sur le continent. 

La foire 1:54, en référence à 1 continent pour 54 pays, témoigne de la diversité de la création contemporaine africaine. Touria El Glaoui, fondatrice de la foire met à l’honneur une scène artistique dynamique et prometteuse. Chaque année des galeries occidentales et africaines exposent leurs artistes lors de la foire à Londres, à New York et tout récemment à Marrakech. Cette année, dû au contexte sanitaire que nous connaissons, la 7ème édition de la 1:54 à New York à lieu uniquement en ligne. Elle rassemble  29 galeries et 94 artistes dont Aboudia, Turiya Magadlela et Ken Nwadiogbu.

Aboudia est représenté par la galerie londonienne, Jack Bell Gallery. L’artiste puise son inspiration dans les rues de sa ville natale, Abidjan. Son travail est largement influencé par les années de guerre civile en Côte d’Ivoire et l’enfance dans les rues. Ses peintures combinent l’innocence et la spontanéité avec le portrait d’un monde intérieur sombre.

Aboudia, Petit diable rouge, 2021, acrylique et  pastel sur toile, 239 x 189 cm

L’artiste Turiya Magadlela, représentée par Latch Key Gallery, travaille avec des techniques d’art traditionnellement associées aux femmes. L’artiste coud et brode divers tissus comme les collants ou les uniformes des services correctionnels pour produire des œuvres mouvantes et texturées. Elle s’inspire de ces expériences personnelles en tant que femme et mère mais également de récits sur l’histoire noire sud-africaine.

Turiya Magadlela, It all started with the roses and kisses when he met her (Swatta Kamp), 2020, assemblage de collants, 752 x 304 cm

Parmi ces artistes pouvant se vendre à plusieurs dizaines de milliers d’euros on peut également découvrir le travail de jeunes artistes plus abordables. C’est le cas de l’artiste nigérian Ken Nwadiogbu représenté par la galerie Retro Africa établie au Nigéria. Ken Nwadiogbu crée des dessins conceptuels en s’engageant dans des modes de narration multidisciplinaires. L’égalité des sexes, les cultures africaines et le Black Power sont les sujets de sa recherche actuelle et de sa pratique artistique.

Ken Nwadiogbu, Lagos Big Boy, 2021, acrylique sur toile, 100 x 70 cm